Témoignages

 

Nous arrivons au bout de notre formation, il nous a fallu de la volonté et du courage ; vous nous avez promis de nous aider à grandir, nous sommes encore des enfants qui demandent à grandir et vous pouvez nous empêcher de trébucher. Nous sommes des pionniers au Yatenga et nous vous remercions beaucoup, avec nos cœurs, d'avoir accepté de transmettre vos connaissances, d'étendre cette médecine dans notre région. Nous respectons beaucoup votre volontariat. Merci encore.

Représentant des étudiants, Zango Karim, infirmier d'Etat au Centre hospitalier régional de Ouahigouya


Nous avons eu la chance d'avoir une belle qualité d'élèves, les très bons résultats de l'examen le prouvent. Il faudra continuer de travailler, de pratiquer l'acupuncture, c'est le seul moyen de devenir de bons praticiens. Nous sommes contents de vous et nous vous félicitons : votre aisance à mettre des aiguilles nous a enchantés ! Nous reviendrons régulièrement vous voir, pour compléter votre formation et pour parler avec vous de vos cas difficiles. N'oubliez pas de prendre note de ce que vous faites et de nous en rendre compte ! Bravo !

Dr Jean-Pierre Roux, Maître et fondateur de l'AGMA

 

 

Vos efforts sont aujourd'hui couronnés, tout le monde a réussi, bravo pour votre travail ! La volonté au départ de mettre en place un programme d'enseignement de l'acupuncture a abouti en 2 ans à un beau résultat : cela nous va droit au cœur et sans vous, étudiants, cela n'aurait pas été possible. L'objectif de ce nouveau projet, qui doit aider toute la population, a été atteint et cela n'a pas été facile. Je tiens à remercier chacun des enseignants et des étudiants au nom du ministère de la Santé. Nous sommes les premiers, à vous de continuer et de mettre en place votre association ici, l'ASAB, l'association des acupuncteurs du Burkina.

L’acupuncture comme alternative répond aux préoccupations des populations du Burkina

Dr Paul Yaméogo, médecin-chef du district sanitaire de Ouahigouya


J'aimerais remercier le ministère de la Santé et le Dr Paul Yaméogo de l'organisation optimale de ces sessions de formation. Tout s'est bien passé et pour ma part, je suis honoré d'être ici pour remettre les certificats de praticiens en acupuncture : bravo pour votre maîtrise théorique et pratique, vos professeurs ont été remarquables ! Merci aux enseignants de l'AGMA pour leur dévouement, leur disponibilité, leur travail, merci à vous pour votre persévérance. Ce nouveau domaine est difficile.
J'aimerais exprimer deux vœux : que l'acupuncture que vous avez apprise apporte une aide aux plus déshérités ici et que la transmission des connaissances et de votre expérience se poursuive dans votre région. A vous de former de nouveaux acupuncteurs à l'avenir!
ASF va poursuivre son aide en organisant des formations continues pour ceux d'entre vous qui souhaitent devenir des enseignants.Je salue haut et fort la création de votre nouvelle association, je vous suggère de mettre rapidement en place la section Yatenga dans votre région et de mettre tout de suite sur papier les cas que vous traitez afin de disposer de statistiques qui seront très utiles à l'avenir.
Je vous remercie.

Jacques Pialoux, secrétaire général d'ASF-Suisse.

Il poursuit :

·   L’acupuncture n’est pas une nouveauté au Burkina Faso : cette médecine venue de la Chine est déjà connue à travers les livres et revues et surtout grâce à l’établissement de la coopération chinoise dans les années 80 à Koudougou (3e ville du pays.)
·   A partir de ce moment, s’est développée une activité acupuncturale dans cette partie du Burkina, activité qui a connu des succès mais aussi des difficultés liées non seulement audépart des chinois, mais aussi au manque d’organisation dans la pratique de cette discipline.
Cette discipline était essentiellement pratiquée en ville dans un hôpital.
·   De la rencontre entre les responsables du district sanitaire de Ouahigouya et l’association genevoise des médecins acupuncteurs en 2000, est née l’idée de mettre en place la pratique de l’acupuncture au Yatenga avec comme particularité la prise en charge des populations en milieu rural.
·   L’acupuncture comme les soins de santé primaire est orientée vers les populations les plus défavorisées.
·   Elle permet le rapprochement des soins aux populations éloignées et permet la prise en charge gratuite des populations défavorisées qui n’ont pas les moyens d’avoir accès aux soins de base.

 

 

De façon générale, même s’il est encore trop tôt pour se prononcer sur l’avenir de l’acupuncture au Yatenga, les autorités, le médecin-chef, les étudiants et les populations sont satisfaits de cette nouvelle expérience au Yatenga et ils voient en cette pratique, une immense possibilité de soulagement et d’amélioration de la santé dans la population. Bien que présente au Burkina depuis longtemps, l’acupuncture initiée par ASF et par l’AGMA est une belle réussite car elle est véritablement tournée vers les gens qui en ont le plus besoin, vers les plus pauvres et vers une communauté qui semble avoir accepté tout naturellement cette façon de faire.
Je tiens à remercier au nom du ministère de la santé du Burkina Faso les membres de l’AGMA ainsi que les associations et tous ceux qui de près ou de loin ont participé à la réalisation de ce projet. Mes remerciements vont plus particulièrement au président de l’AGMA, le Dr Bernard, au président d’ASF-Suisse, Mr Pialoux et aux enseignants, les Drs Jean Pierre Roux, Robert Du Bois, Marc Petitpierre, Marcel Schuler, Damien Roth, Jean Maeder et Pascal Pointaire ainsi qu’à tous ceux dont les noms n’ont pu être cités pour leur soutien et leur engagement en faveur de la santé de notre population. Nous nous engageons pour notre part à faire de cette expérience un exemple en créant au Yatenga dans les jours à venir une association d’acupuncture afin de pérenniser la pratique de l’acupuncture au Burkina Faso. "

Dr Yameogo Paul


Nous sommes très contents de cette façon de faire car nous ne dépensons rien pour être soignés. En plus cette pratique nous soulage beaucoup.

M. Ousseini Ouedraogo, 30 ans, patient traité pour des lombalgies à Namissiguima

 

 

L’acupuncture constitue pour nous une bouffée d’oxygène dans la prise en charge des patients. Nous avons entendu parler de l’acupuncture mais en la pratiquant aujourd’hui, nous nous rendons compte qu’elle est nécessaire dans ce contexte où beaucoup de malades ne peuvent pas bénéficier de soins faute de moyens. »

Zango Karim, infirmier et étudiant en acupuncture


Je suis très satisfaite de ma formation car ça m’apporte beaucoup en plus de mes connaissances en médecine moderne. Je pense que l’acupuncture est adaptée à notre contexte car elle aide beaucoup les femmes. Ce sont les femmes qui souffrent le plus dans notre province. »" Les élèves sont toujours motivés et prêts à poursuivre les cours. Actuellement, après des rencontres entre nous, aucun d'eux ne manifeste de difficultés dans la pratique. Tout se déroule normalement, notamment à Namissiguima (l'un des dispensaires importants à 30 km de Ouahigouya) où l'engouement des patients est sans pareil.
Au niveau des autres étudiants, la supervision que j'ai faite n'a révélé aucune difficulté pour le moment. Merci pour la qualité des cours… J'aimerais vous dire que les bénéfices de ces actions sont, pour nous, satisfaisants… Tous mes remerciements à l'équipe et à ASF pour les services rendus.

Bernadette, accoucheuse villageoise

 

Étude de deux cas

Prostate

2002, la première volée d’étudiants se déplace en bloc au CSPS de Namissiguima, à 30 km de mauvaises pistes de Ouahigouya. Notre venue a dû être annoncée à la population, plus de 50 femmes nous attendent, serrées les unes contre les autres à l’ombre d’un karité. Quant aux hommes, ils sont agglutinés à l’intérieur du dispensaire, leur statut de dominants leur permettant de profiter en priorité de la fraîcheur, même relative, des lieux.
Un premier patient nous est présenté. Assis sur le lit d’examen, menu, la quarantaine, il soulève son boubou et, surprise, on constate qu’il a une sonde urinaire. Le major nous explique qu’en raison d’une importante hypertrophie de la prostate, il ne peut plus uriner et qu’une sonde urinaire a dû être posée. J’explique alors aux étudiants que l’acupuncture ne peut pas tout faire, qu’il faut en connaître ses limites et en rester aux indications principales, c’est-à-dire les affections fonctionnelles et qu’en présence d’une affection organique comme cette prostate hypertrophiée, les petites aiguilles ne peuvent rien.

Le major intervient alors et me désigne un homme assis derrière nous sur une chaise : « Pourquoi dis-tu cela ? J’ai piqué deux fois cet homme pour le même problème et après on a pu lui enlever sa sonde. Maintenant il pisse normalement depuis 3 semaines ». Stupéfaction. Chez nous, un tel patient aurait été opéré depuis longtemps. Ici, les gens n’ont pas les moyens, même pas ceux de se rendre à l’hôpital. Toute intervention chirurgicale est inconcevable pour les habitants de la brousse. Alors tout est tenté pour essayer d’améliorer la santé de la population. Dans ce cas, infirmant mes certitudes, l’acupuncture a réussi à désengorger une prostate et à permettre une miction normale … ?

 

Hoquet

En visite chez sa famille dans son village natal, un de nos étudiants est appelé à consulter un vieux chef coutumier souffrant d’un hoquet rebelle depuis 3 jours. En brousse, le hoquet est un très mauvais signe et indique que l’esprit de la mort rôde dans les parages. Pour ce vieux, tout a été tenté : incantations magiques, intervention des tradipraticiens, pharmacopée africaine, essais de médicaments allopathiques.
Rien n’a fonctionné et ce hoquet continuait sans relâche, épuisant le patient et mettant en émoi tout le village, pressentant de sombres perspectives pour son chef. Notre étudiant acupuncteur, se rappelant un traitement pour le hoquet cité au cours de sa formation, intervient alors et place deux aiguilles d’acupuncture de chaque côté de la colonne vertébrale, à la hauteur du diaphragme.
Le hoquet s’arrête alors d’un coup, à la stupeur générale. Par précaution, quelques aiguilles sont rajoutées sur le thorax. La « magie chinoise » est entrée dans un village de brousse par la grande porte, elle a sidéré la population locale et notre étudiant devenu acupuncteur doit assurer plusieurs consultations chaque fois qu’il rend visite à sa famille …